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Fédérale 2, J17 : Grasse a été mis au parfum

Published on 2 avril 2012 under Brèves

rugby

US Annecy 29-22 RO Grasse

Après avoir fait preuve de cœur face à Rumilly, abattu un as en venant à bout de Vienne, Annecy sortait une nouvelle carte de son jeu avec la venue du RO Grasse, l’un des 4 rois majeurs de cette poule. Si Vienne, Rumilly et Annecy sont dans les clous pour se qualifier pour les phases finales du Championnat de France, il n’en allait pas de même pour Grasse, 5ème de la poule, premier non qualifiable, et condamné à s’imposer en terre haut savoyarde pour espérer accrocher le 4ème billet qualificatif détenu jusqu’ici par Tricastin. Car selon le verdict des rencontres opposant d’une part Annecy à Grasse d’un côté et Pierrelatte à Rumilly de l’autre, le nom des 4 élus pour les phases finales pouvait être connu dès ce dimanche soir. L’enjeu était donc de taille au Stade des Fins, l’un des deux ex-pensionnaires de Fédérale 1 l’an passé, n’allait pas avoir la chance de tenter un come-back à ce niveau la saison prochaine. Qui de Annecy ou de Grasse allait-il le mieux gérer le stress et les émotions attachés à cette rencontre pour faire partie du carré des 4 maîtres de la poule ? Qui allait savoir user à bon escient de ses meilleurs atouts pour arracher une victoire ardemment souhaitée ?

La problématique était sensiblement la même pour les équipes « réserves » des deux clubs sauf que les rôles étaient totalement inversés, Annecy était le chasseur de qualification, Grasse étant mis en demeure de défendre son rang de second de poule. Là encore, le match promettait bien des émotions et Annecy était mis en demeure de sortir une prestation de qualité pour arracher la victoire. D’ailleurs, les hommes de Thierry CORNU et d’Olivier BOUCHET vont rapidement se mettre dans le bain, obligé de faire face de concert à une équipe de Grasse solidement armée et relativement physique et à un vent violent leur soufflant fortement dans le nez. Eviter de rendre le ballon à l’adversaire, demeurer discipliné : voilà quels étaient les objectifs des annéciens afin de limiter la casse au cours de ce premier acte. Mieux que cela même, ils parviendront à s’assurer un surprenant mais large monopole du ballon en raison notamment d’une brillante prestation du pack local dans l’exercice de la conquête en touche, des ballons portés et d’une volonté jamais démentie de produire du jeu quitte à multiplier les temps de jeu. Certes, le chat fut dans un premier temps relativement maigre puisque soit Annecy ne parvenait que très rarement à déborder uns défense azuréenne mobile et bien organisée, soit c’est la malchance qui empêchait Annecy de concrétiser à l’image de cette pénalité de FOPPOLI qui heurta le montant avant qu’un rebond capricieux n’empêche les locaux de tirer profit de la panique qui s’empara des rangs adverses à la retombée de la balle. Et quand on ne concrétise pas ses temps forts, on le paie en général. Ainsi, Grasse parviendra à mener par 10 à 0 après avoir concrétiser sa seule occasion d’essai du premier acte en profitant d’un ballon mal contrôlé à la touche pour permettre au flancker grassois de mener un raid solitaire jusqu’à l’en-but alpin. Heureusement, ce break fut de courte durée car Annecy parviendra à aller à dame en profitant d’un nouveau maul mené tambour battant pour emmener BORGHIA inscrire en puissance un essai précieux que transformera FOPPOLI du bord de la touche. Ainsi, à la pause, Annecy qui avait fait plutôt bonne impression, n’était mené que par 10 à 7 avant de bénéficier de l’aide du vent pendant le second acte.

La confiance était donc de mise à la condition toutefois, de demeurer concentré sur les basiques de ce jeu, de continuer à faire preuve de la même discipline et de donner un tour de vis supplémentaire en défense, quelques trous d’airs inquiétants étant apparus lors de ce premier acte. Si BORGHIA s’empressa d’inscrire un second essai dès la reprise, copie certifiée conforme de sa première réalisation, et si FOPPOLI augmenta l’avance des siens d’une pénalité, Annecy n’allait malgré tout pas vivre une seconde période aussi tranquille que prévue. D’une part, en raison de l’incapacité des annéciens à repousser durablement les grassois dans leur 50m par un jeu au pied approprié avec l’appui du vent. D’autre part, en raison du refus des grassois d’abdiquer sans combattre, faisant ainsi toujours planer une réelle menace au-dessus des têtes locales. Et cette menace va prendre corps à un quart d’heure de la fin de la rencontre sous la forme d’une double expulsion temporaire, VIGNE-DONATI d’abord et FOPPOLI ensuite. A 13 contre 15, Annecy aura beau dresser les barbelés, résister de tout son courage, s’employer vaillamment en défense, Grasse parviendra à trouver la faille au terme d’une longue séquence de jeu, le 2ème centre grassois prenant de vitesse la défense locale pour inscrire l’essai de l’espoir qui heureusement ne sera pas transformé. N’ayant plus que 2 points d’avance à une poignée de minutes de la fin, Annecy va finalement revenir à la recette initiale et s’appuyer sur un nouveau maul pénétrant pour défoncer les barricades sudistes et permettre à DURET de pointer en force l’essai de la victoire, peu importe que FOPPOLI croise à nouveau le poteau sur sa tentative de transformation. Annecy finissait donc par arracher le morceau et d’imposait par 22 à 15 pour une victoire très importante dans la course à la qualification. Avec 5 concurrents pour 3 places disponibles, la lutte est loin d’être terminée pour les annéciens qui devront rééditer cette performance la semaine prochaine à Pierrelatte et rendre la monnaie de leur pièce aux drômois, venus s’imposer sur les bords du lac au match aller.

Du cœur, de la ténacité, il en faudrait une grande rasade à l’équipe fanion locale pour connaître un dénouement similaire à celui de leurs équipiers. Car la pression était forte sur les épaules locales, la qualification étant en jeu ; en s’imposant ce dimanche, Annecy avait la certitude de ne plus pouvoir être rattrapé par les azuréens, classés 5ème. En plus, cette confrontation venait ponctuer une série de 3 rencontres consécutives à domicile contre les favoris de la poule, nécessitant autant de ressources physiques que mentales. Et après avoir tant compté ses soldats valides, voilà que Annecy a retrouvé une profondeur de banc très importante à une période charnière de la saison, lui permettant d’aborder cette rencontre en ayant géré ses forces vives. Ainsi, par rapport à dimanche dernier, CHICOUARD, DUMOULIN, DESFOURS, LALOO et JIMENEZ récupéraient une place de titulaire aux dépens de BATIGNE, PERRET, BOGDANOFF, GUIRAND et CHARVAT, tous placés en réserve de la république avec l’appui du revenant RUYS. Il fallait bien tous ces soldats aux locaux à l’instant de défier le robuste pack grassois, clé de voûte du jeu développé par les azuréens de manière à alimenter le pied du précis COZENS et les cannes de feu de BUCHET, leur arrière, relanceur impénitent. Pourtant, en dépit de ces atouts indéniables, Grasse accomplit une saison nettement en deçà de ses ambitions et du potentiel de cette équipe. Si à domicile, Grasse règne, parfois difficilement, en n’ayant été vaincu que par Vienne, en déplacement, le bilan est nettement moins reluisant avec une seule victoire (à Bellegarde) et un match nul décroché à Saint Raphaël – Fréjus. Souvent vaincus par dés écarts minimes, Grasse a souvent tutoyé la victoire en déplacement sans pouvoir la toucher, signe de leur pugnacité loin des Alpes Maritimes.

Et pour renforcer la méfiance des locaux, Grasse allait attaquer cette rencontre capitale avec un vent violent dans le dos, laissant présager d’un début de rencontre en trombe de leur part. Tout faux et archi-faux même car c’est Annecy qui va réaliser une entame du feu de Dieu. En effet, placés dans l’obligation de beaucoup porter le ballon face au vent, de développer du jeu, Annecy va concrétiser sa première offensive de l’après-midi. Une conquête en touche de DONZE permettra à LALOO d’écarter rapidement le ballon jusqu’à JORDAN qui servira MARIN à hauteur pour une course tranchante qui lui permettra le louvoyer dans la défense azuréenne jusqu’au drapeau de coin droit pour un magnifique essai que transformera également avec brio JORDAN. Dès l’entame, voilà Annecy nanti de 7 points d’avance (7 – 0 à la 3ème) de quoi avoir confiance en l’avenir. Ce joli capital va même très rapidement fructifier à la suite d’un ballon prestement mis en touche par COZENS sur un ballon malicieusement botté à suivre par JORDAN. Ce filou de JORDAN jouera rapidement la touche pour DONZE venu se proposer à hauteur, lequel franchira les 5 derniers mètres qui l’emmèneront à dame et donner une bouffée d’air appréciable à ses couleurs, Annecy menant alors par 12 à 0 (13ème). Un scénario, une entrée en matière idéale, Annecy venait de concrétiser avec beaucoup de réalisme une entame de match étincelante, faite de multiples offensives, de nombreuses relances de sa ligne d’attaque permises par une défense irréprochable et une conquête efficace. Sauf que ce bel ordonnancement va quelque peu perdre de son éclat au fur et à mesure de l’avancement de ce premier acte, comme si Annecy relâchait brusquement la pression, semblant passer en mode « gestion » plutôt que de demeurer en mode « action ». Ainsi, des placements hasardeux, de l’indiscipline, des ballons tombés, échappés ou perdus viendront perturber les louables intentions offensives locales, pourtant souvent fort bien amenées. Mais confondant souvent vitesse et précipitation, Annecy va rendre de nombreux ballons aux grassois qui vont peu à peu rétablir le rapport de force en faisant bon usage de l’appui du vent et du jeu au pied de COZENS. S’appuyant sur la réaction d’orgueil d’un pack, dominateur en mêlées fermées, efficace dans le secteur de la conquête, pas maladroit dans l’exercice des ballons portés et soutenu par la bonne vision du jeu de COZENS et de BUCHET, Grasse ne va jamais s’affoler et revenir progressivement au contact des riverains du lac en profitant de leurs fautes. Après une pénalité de COZENS (16ème) puis en faisant preuve de beaucoup de patience, Grasse va finir par concrétiser l’un de ses temps forts en jouant avec application un coup franc près de la ligne d’essai annécienne. Ce pilonnage de la ligne d’en-but locale verra VACHER, au soutien d’une charge de CAZAUX, pointer au ras d’un maul un essai qui relançait la partie, Grasse n’étant plus mené que par 12 à 10 (30ème). Et dans la foulée d’un échec de JORDAN sur pénalité, Grasse va reprendre sa domination territoriale, se servant admirablement d’Eole pour occuper le camp annécien, faire reculer la défense locale et forcer dette dernière à prendre des risques en remontant à la main de nombreux ballons. Le pack grassois était à la manœuvre, ayant pris les affaires en main, imposant un défi permanent au pack local qui se montrait solidaire et volontaire pour faire barrage aux tentatives de passages en forces des avants méditerranéens. Malheureusement, cette débauche d’énergie n’empêchera pas Grasse de virer en tête aux citrons, COZENS convertissant avec brio une pénalité lointaine pour permettre à ses couleurs de prendre l’avantage sur le fil et mener ainsi aux citrons sur le score de 13 à 12, un moindre mal au regard de l’investissement du pack grassois sur les zones de combat. Mais c’est avec un moral flambant neuf que Grasse abordait la seconde période face au vent, étant parvenu à combler le débours de 12 point s concédé à l’entame de la rencontre.

Alors, Annecy en remit une couche dès le coup d’envoi de la seconde période en faisant donner son pack. Après plusieurs mauls pénétrants ayant mis sérieusement à mal la résistance grassoise, Annecy va profiter de la supériorité numérique née d’un carton blanc écopé par GIRARDOT, pour jouer une nouvelle pénaltouche près de l’en-but adverse. Une prise de balle impeccable dans les airs de DONZE, un maul qui avance irrésistiblement et voilà que BATIGNE bien calé aux fesses de ses équipiers inscrit un nouvel essai que transformera JORDAN pour permettre à Annecy de mener par 19 à 13 (44ème). Malheureusement, Annecy ne gardera pas longtemps ses distances avec son rival azuréen, COZENS donnant 3 points à ses couleurs pour une faute au sol sur le coup de pied de renvoi. Grasse collait au tableau d’affichage et revenait à 19 à 16 (47ème). Alors s’ensuivit une longue période de domination locale, JORDAN et FROMONT usant à merveille de leur pied pour occuper le camp méditerranéen, le pack haut savoyard multipliait les percussions et les avancées dans l’axe, les trois quarts locaux se démenaient pour s’ouvrir des intervalles dans une défense sudistes hermétique et bien organisée dès que le jeu prenait de l’ampleur. Alors, puisque le volume de jeu développé par le XV « bleu et blanc » n’était pas payant, on tenta d’appuyer sur les ballons portés, source d’une grande indiscipline dans les rangs sudistes qui vaudra d’ailleurs à CAZAUX d’écoper d’une nouvelle exclusion temporaire (59ème). Car, après un premier échec sur pénaltouche consécutif à un ballon égaré dans l’alignement (54ème) puis un échec de JORDAN sur pénalité (57ème), Annecy hérita d’une nouvelle touche dans les 22m adverses. Une nouvelle conquête de PERRET permettra au pack d’impulser un nouveau maul fort menaçant pour l’en-but grassois. Si LALOO fut repoussé sur son échappée au ras de la cambuse, DUMOULIN dans la foulée parviendra à ramasser la balle et à se propulser au delà de la ligne fatidique et inscrire par la même le 4ème essai alpin synonyme d’éventuel point de bonus en cas de victoire finale. Un succès qui devait sourire aux annéciens, car dans la foulée de la transformation bottée par JORDAN, Annecy menait alors par 26 à 16 (60ème).

Sauf que Grasse est un XV accrocheur, solide et diablement coriace et qui ne renonce jamais, à plus forte raison quand sa qualification est en jeu. Ayant admis depuis longtemps que son jeu offensif n’était pas taillé pour poser le moindre problème à la défense haut savoyarde, Grasse s’en remit à son pack toujours aussi vaillant et au jeu au pied de son ouvreur COZENS pour refaire méticuleusement son retard. Surtout que BATIGNE, coté annécien, va écoper à son tour d’un carton jaune (65ème) permettant ainsi à COZENS tout d’abord de réduire la marque sur pénalité (26 à 19 à la 65ème), puis de profiter du retour de CAZAUX pour porter le jeu sur les ailes afin d’étirer une défense locale désormais en infériorité numérique. ROMAN trouva ainsi un décalage sur l’aile droite pour adresser un coup de pied à suivre qui trompa successivement FROMONT, MARIN et CHARVAT avant de revenir dans les bras de VACHER dans les 22m locaux. Un regroupement plus tard, ROMAN passait le drop des 22m droite en biais, ramenant ainsi son équipe à 4 petits points des locaux (26 à 22 à la 70ème). Un froid réalisme qui laissait planer un intense suspens à l’entrée des 10 dernières minutes de cette rencontre si importante.

Sauf que Annecy a des certitudes dans le jeu, présente de remarquables aptitudes à mettre du volume dans ses desseins offensifs surtout quand on possède dans ses rangs des joueurs de talent. Et LALOO est un de ceux là. Après avoir perforé plusieurs fois la défense azuréenne, il va remettre le couvert à la 72ème, se lançant dans un raid de 40m qui rebondira par une percée plein centre de JORDAN qui sera repris sur la ligne d’essai grassoise. Le match failli être plié sur cette superbe offensive. Annecy profita toutefois de ce temps fort pour reprendre un peu d’air par la botte de JORDAN qui ajusta un drop bienvenu des 22m gauche en biais, faisant grimper le score à 29 à 22 pour Annecy à la 75ème. 5 ultimes minutes qui seront irrespirables, en raison de la chaleur mais également et surtout du fait de l’ultime sursaut d’orgueil de grassois que jetteront leurs dernières forces dans la bataille pour au moins arracher un match nul. Grasse héritera donc d’une mêlée aux 5m locaux et de 2 pénaltouches près de la ligne d’essai annécienne sans le moindre succès, la défense haut savoyarde se montrant intransigeante. Lorsque HEJTMANEK perdit son ultime ballon que CHARVAT s’empressa de botter en touche pour le coup de sifflet final, c’est tout un stade qui se libéra en même temps que Grasse déclencha une monstrueuse bagarre générale pour symbole de son énorme frustration, de sa cruelle désillusion.

Pourtant Annecy n’a rien volé hier après-midi, s’offrant un succès aussi légitime que mérité devant tant d’appétit offensif déployé. Avec un peu moins de laxisme, de petites bévues sans conséquences mais qui ont contribué à rendre la possession de balles aux grassois, ce succès aurait pu être décroché sans frayeur en dépit de la qualité de l’opposition, puissante, rugueuse, vaillante, bien organisée au point de vue défensif. Toutefois, cette série de 3 victoires consécutives acquises intra-murros aura démontré un degré d’exigence dans la performance, une implication totale de tout un groupe témoignant ainsi d’un état d’esprit prometteur et propice au développement et à la concrétisation d’un jeu offensif ambitieux et spectaculaire. Un volume de jeu remarquable qui à permis à Annecy de signer une véritable performance car Annecy est la seule équipe à ce jour ayant réussi à prendre un point de bonus offensif à ces coriaces méditerranéens. Une victoire symbolique qui permet également à Annecy de composter son billet pour les 16ème de finale du Championnat de France. Reste à savoir maintenant à quelle place sera classée l’US Annecy, déterminante pour connaître l’adversaire qui lui sera opposé en phase finale. Pour cela, il reste encore 3 matchs au XV haut savoyard pour éventuellement prendre l’une des 2 premières places au classement général, synonyme de match retour à domicile au premier tour.

C’est pourquoi, le déplacement à Pierrelatte sera pris très au sérieux la semaine prochaine tant les drômois semblent difficiles à prendre sur leur herbe. Non seulement, ils entendent bien conserver leur invincibilité à domicile pour leur dernier match de la saison sur leur stade, mais, en dépit de leur large victoire de ce dimanche aux dépens de Rumilly (20 à 8), il leur manque encore 1 point pour être officiellement qualifié pour les phases finales. Et comme, Tricastin devra aller défier Grasse dans les Alpes Maritimes pour son dernier match de championnat, tout indique que Tricastin fera le nécessaire pour assurer sa qualification ce prochain dimanche face à Annecy afin de s’éviter un match couperet dans 15 jours. On a connu des week-end de Pâques plus reposants.