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Rugby, 8ème finale aller, Fédérale 2 : Toujours vivants ! !

Published on 14 mai 2012 under Rugby

L'US Annecy reste maître face au RC Aubenas - © TORCHIO SébastienUS Annecy 19-12 RC Aubenas

Pour les 16 derniers survivants du Championnat de France de Fédérale 2, il était temps d’aborder le tour le plus important de la compétition, les 8èmes de finales qui donnent droit à l’accession en Fédérale 1 pour la prochaine saison. Et forcément, à ce stade de la compétition, il ne reste que du beau monde encore en course. Dans le secteur Sud-Est, Annecy était accompagné de Chambéry, de Vienne et du RC Aubenas, son adversaire du jour. Un XV redouté et redoutable qui vient de passer deux fois la barre des 30 points inscrits pour bouter Grasse hors de la compétition après avoir déjà réussi un parcours de tout premier ordre en phase qualificative avec 12 victoires, 2 nuls et 4 défaites et une place de 1er de poule en prime. Un statut qui permet à Aubenas de disputer le match retour, le plus important de la saison, devant son public dans la cuvette de Dugradus. Un avantage certain qui confère un avantage fort appréciable aux ardéchois à la condition toutefois de ne pas galvauder ses chances dès le match aller en Haute Savoie. Car, comme les ardéchois, le XV « bleu et blanc » est invaincu cette saison à la maison et peut s’enorgueillir d’un remarquable parcours pour se hisser en 8ème de finale avec 13 victoires et 5 défaites en phase qualificative et 2 victoires acquises aux dépens de Saint Savin pour acquérir le droit de défier le XV ardéchois qui jouit d’une grosse culture du haut niveau après avoir évolué de nombreuses années en Fédérale 1 mais également en Pro D2. Au jeu des comparaisons, le bilan des deux rivaux du jour était quasiment similaire rendant cette confrontation extrêmement équilibrée et indécise. Au niveau du terrain, Aubenas présentait un XV très compétitif, seulement privé de SAUSSAUT blessé et de WEMAMA suspendu, tandis qu’Annecy déplorait toujours les absences sur blessure de CABARET, de PERRET, de LARGUET et de FROMONT, des pièces importantes du collectif alpin. Mais ce sont les vertus de tout un groupe qui étaient mobilisées en ce dimanche pour passer outre les blessures, la fatigue induite par un parcours de 8 matchs consécutifs de haut niveau ou encore la pression découlant de l’enjeu importantissime attaché à cette confrontation.

Et cette pression, elle faillit bien faire boire la tasse aux hommes de Romain AUGER et de Franck LORBOIS tant ces dernièrs semblèrent inhibés par l’enjeu de cette rencontre. Un état de fait dont les albenassiens s’accommodèrent parfaitement pour signer une entame de match idéale, surtout que les ardéchois évoluaient avec l’appui d’un vent soutenu. Après une première pénalité ratée depuis la ligne médiane par GERIN, ces partenaires vont déflorer la marque dans la foulée en profitant de la passivité de la défense locale pour lancer une attaque au large consécutive à un point de fixation crée au centre du terrain, pour permettre à ROLLAND, venu de son aile opposée, de prendre la défense haut savoyarde à revers et filer inscrire le premier essai de la rencontre. Avec la transformation de GERIN, Aubenas menait déjà par 7 à 0 (5ème). Et on n’avait pas tout vu. Car bien que JORDAN ait ajusté une précieuse pénalité des 40m face (9ème), Aubenas allait carrément doucher les ambitions locales en doublant la mise par un second essai signé PLATARET à la conclusion d’une progression magistrale de son pack née d’une pénaltouche jouée aux 10m locaux. GERIN échouant dans sa tentative de transformation, Aubenas menait alors par 12 à 3 (11ème). Annecy était en train de prendre un sacré bouillon, ne parvenant pas à mettre en place la moindre intention de jeu. Non seulement les annéciens étaient gagnés par la fébrilité, mais le doute venait s’insinuer dans les esprits à la suite du départ canon signé par les ardéchois. Entre fautes de mains, ballons tombés, ballons rendus à l’adversaire par un jeu au pied totalement défaillants, placages manqués, manque d’agressivité en défense, lenteur dans les déplacements et dans les transmissions de balle, vous aviez là le portrait robot de l’équipe qui était en train de passer complètement au travers de son match. Et comme les locaux subissaient l’impact physique des armoires à glace ardéchoises, les châtaignes locales semblaient bien cuites après seulement 20 minutes de jeu tant les annéciens paraissaient bien en peine de trouver un défaut dans la cuirasse des ardéchois. Il est vrai que ces derniers affichaient une sérénité et une solidité défensive impressionnante, se montrant capables d’alterner avec bonheur jeu au près et jeu au large pour porter le danger dans le camp adverse à la moindre faiblesse. Naviguant avec ces 9 points d’avance, Aubenas avait toutes les cartes en mains pour prendre une sérieuse option sur la qualification dès cette première rencontre si les ardéchois demeuraient aussi disciplinés et bien concentrés sur leur labeur défensif. Sauf que les annéciens sont de foutus bourricots, têtus et obstinés, pas décidés à baisser pavillon à domicile. Quitte à être éliminé de la compétition, autant le faire en demeurant invaincu à domicile.

Et Annecy va progressivement rentrer dans la partie et tricoter quelques intentions de jeu intéressantes, pas forcément bien exécutées mais suffisantes pour reprendre confiance en ses moyens. Le pack local va ainsi aller au charbon soudé comme un seul homme, culbutant de l’ardéchois comme du petit bois, redoublant d’ardeur au combat dans le sillage des épatants KUTIL et DONZE et procurant ainsi quelques bons ballons à une ligne de trois quarts qui joua les autos tamponneuses dans la défense ardéchoise mais en commettant trop de maladresses pour faire la différence. Et voilà comment le jeu annécien prit soudainement une bien meilleure consistance, davantage de prestance. Après que GERIN ait raté une nouvelle pénalité (15ème) qui aurait pu mettre les locaux dans de sales draps, c’est l’ex-albenassien DONZE qui sonna le réveil des annéciens en bonifiant un côté fermé joué par LALOO, en s’échappant le long de la ligne de touche avant d’être poussé hors de l’aire de jeu à l’entrée des 22m visiteurs (17ème). Puis ce fut JORDAN qui échoua sur une  tentative de pénalité bien placée (21ème) matérialisant le retour aux affaires des locaux. En mettant un peu de vitesse dans son jeu, Annecy trouvait ainsi des espaces au large du fait des difficultés ardéchoises à tirer un rideau défensif homogène sur toute la largeur du terrain mais sans parvenir à concrétiser ce regain de forme à l’image de cette percée de CHARVAT au cœur de la défense visiteuse mêlant vitesse, puissance et rage, qui sera stoppée par FOUGEDOIRE à 5m de l’en-but, ce dernier ayant volé le ballon au centre annécien sur une intervention défensive pleine d’à-propos (24ème). La sérénité ardéchoise du début de partie semblait s’effriter devant la montée en puissance du XV haut savoyard. Certes, le jeu local manquait toujours de fluidité, de précision technique mais dans le sillage d’un pack local de plus en plus conquérant, Annecy affichait désormais une domination territoriale sans partage qu’ Aubenas avait bien du mal à contenir, multipliant les fautes à gogos, faisant preuve de roublardise pour ralentir au maximum les transformations de jeu locales. Il a des heures de vol ce XV ardéchois, du métier et de la filouterie à revendre pour faire le dos rond sous la tempête mais pas assez pour empêcher le pack annécien de châtier son homologue et offrir à JORDAN l’occasion de garnir le score de 3 points supplémentaires (6 – 12 à la 31ème). Puis profitant d’un carton blanc infligé à MOREAU, le pack annécien transforma une pénaltouche en maul gagnant qui emmena KUTIL en terre promise pour inscrire un essai qui récompensait l’opiniâtreté locale (37ème). Dommage que la tentative de transformation de JORDAN soit sortie par le vent, sinon Annecy aurait pu virer en tête aux citrons plutôt que d’être mené par 12 à 11 à la pause.

Mais loin de faire la fine bouche, Annecy était parvenu à rétablir un équilibre bien précaire en début de rencontre alors que se profilait l’opportunité de jouer la seconde période avec l’appui du vent. Si Annecy avait eu chaud aux fesses une première fois, il n’était pas question de tendre une seconde fois la joue à ces expérimentés albenassiens. Du coup, Annecy fera feu de tout bois dès l’entame de la seconde période pour mettre la tête sous l’eau à un adversaire réduit à défendre ses positions comme il le pouvait. Ce fut tout d’abord un maul conquérant du pack haut savoyard qui permit à DESFOURS de pousser une charge qui avortera pour une faute au sol locale dans la foulée (43ème). Puis sur une attaque au large ce fut GIDEL qui botta un astucieux ballon dans le dos de la défense adverse que TESTUD annihila en concédant une mêlée à 5m sous le pressing conjugué de VIGNE et de GIDEL (46ème). Cette mêlée qui verra le pack haut savoyard pilonner la ligne d’en-but ardéchoise sans succès (47ème) dans un premier temps, mais avec succès dans un second temps. Mêlée aux 5m visiteurs, percussions de L’HOSPITAL et de tout son pack jusque sur la ligne d’en-but et plongeon victorieux de LALOO au ras pour inscrire l’essai de la résurrection (16 – 12 à la 49ème). Et Annecy, boosté par cette réalisation, va appuyer sur le champignon en tentant de faire courir le puissant pack ardéchois qui se montrera gaillard voire un tantinet rugueux pour stopper la horde locale à l’image du placage aux oreilles asséné par URJUKASHVILI à DESFOURS qui permettra à JORDAN de porter la marque à 19 à 12 (53ème). Cette chevauchée sera un peu à l’image de l’élan des annéciens, à savoir brisé par le besoin de trouver un second souffle, par la nécessité de recharger les accus, les annéciens semblant émoussés au fur et à mesure du déroulement de la rencontre. Et forcément, le pressing local tombant d’un voire plusieurs crans, le rapport de force s’équilibra. Les ardéchois, également marqués par le rude combat proposé en ce dimanche, en profitèrent pour sortir de leur 22m plus durablement et se permirent de jouer quelques ballons, histoire de recoller au plus près au tableau d’affichage. Mais d’un côté comme de l’autre, on semblait manquer de carburant. Du coup, les prises de risques deviendront de plus en plus rares, chaque équipe choisissant de se défier dans un combat frontal musclé mais peu productif, comme si chacun attendait la faute de l’autre pour faire évoluer le tableau d’affichage. Ainsi, le temps s’écoulait sans qu’aucune des deux équipes n’étale une supériorité quelconque sur sa rivale. Il est vraiment dommage qu’à cet instant de la partie, Annecy n’ait pas su se servir de l’appui du vent pour occuper le camp albenassien et soulager le pack local dans son travail de sape. Il fallut attendre les 5 dernières minutes pour voir Annecy tenter d’épaissir son matelas de points d’avance en vue du match retour. Ainsi, JORDAN vit sa tentative de drop échouer de peu des 35m face (75ème). Puis ce fut une mêlée jouée aux 5m adverses qui demeura stérile. Tout comme le restera le coup franc joué rapidement par L’HOSPITAL près de l’en-but ardéchois, le 3ème ligne centre étant écroulé alors qu’aucun ardéchois n’avait fait l’effort de se replier, donnant lieu ainsi à une sanction qui ne viendra jamais (79ème).

Ardéchois et alpins se quittent donc sur le score de 19 à 12 en faveur d’Annecy, tout restant à faire puisque aucun bonus offensif n’a été inscrit. De part et d’autre, on pouvait se montrer relativement satisfait de la tournure des évènements et enregistrer quelques motifs d’optimisme en vue de la seconde manche. Autant Aubenas peut regretter de ne pas avoir su enfoncer le clou dans la foulée d’une entame de match réussie tout en se satisfaisant du point de bonus défensif empoché, autant Annecy peut s’estimer heureux d’avoir encore une carte à jouer la semaine prochaine tant leur entame de match aura été catastrophique et aurait pu s’avérer rédhibitoire. Certes, personne n’a vaincu Aubenas dans son antre cette saison, mais quelques uns y ont décroché ce bonus défensif  largement dans les cordes annéciennes. Car les motifs d’espoirs sont bien réels. En sortant une prestation mi-figue, mi-raisin avec de nombreuses imprécisions techniques, avec des errements défensifs en début de rencontre, des hésitations dans le jeu et avec beaucoup de déchet dans son jeu au pied, Annecy est parvenu à inverser le cours d’un match bien mal embarqué. Pour ce faire, ce groupe a affiché des ressources mentales incroyables pour reprendre le dessus sur le lourd pack ardéchois composé de briscards aguerris. Lorsque le pack local a relevé le défi du combat, son homologue albenassien n’a pas affiché une solidité à toute épreuve, faisant preuve de vice mais également d’indiscipline pour stopper la marche en avant du pack « bleu et blanc ». De même, la mobilité du pack ardéchois ne semble pas son point fort, laissant apparaître des failles exploitables dans le replacement sur la largeur du terrain. Reste à espérer que les annéciens conserveront davantage de fraîcheur physique que leur rival ardéchois, chaque équipe ayant beaucoup donné hier et devra s’appliquer à parfaitement récupérer pour produire la même prestation…. si les 2 équipes s’en sentent capables tant elles ont paru s’émousser à mesure que s’écoulaient les 80 minutes du temps réglementaire.

7 points d’avance, c’est peu au regard du nombre de points laissés en route par manque de réalisme ou de sang froid au moment de concrétiser ses temps forts, mais finalement beaucoup lorsqu’on se souvient du tableau d’affichage à la 20ème. Et justement, les annéciens ne devront surtout pas oublier qu’une rencontre dure 80 minutes. En restant soudés et solidaire, en ne cédant pas à l’affolement, cela leur a permis de se relever hier, cela pourrait leur permettre de se qualifier la semaine prochaine. En cela, les annéciens ont été grands hier. Et ça, Michel, aurait apprécié.

Les images de la rencontre US Annecy – RC Aubenas

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