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Retour sur le Trophée Bompard 2011

Published on 27 novembre 2011 under Patinage Artisitque

Le T.E.B. 2011 n’aura pas été un grand cru. Pas non plus une sombre piquette, juste entre les deux…

Beaucoup d’erreurs et de chutes chez les hommes, alors que sur le papier, le plateau, relevé, promettait mieux. Les Français sont apparus en petite forme, voire en vraie méforme, en retard dans leur préparation, voire pas préparés du tout. On retrouve les qualités de glisse exceptionnelles de Patrick Chan, mais ses programmes académiques et son manque d’expression ne parviennent pas à m’emballer. Il perd son axel et son lutz quand ilatterrit ses quads (programme libre), ou l’inverse (programme court) et s’emmêle les patins dans sa série de pas. Ce qui ne l’empêche pas d’engranger l’avalanche de points devenue habituelle depuis que la « Chanflation » a été inventée. On découvre (ou on redécouvre après la Coupe de Chine) Nan Song, éblouissant de technique dans des programmes dépourvus de chorégraphie. Chorégraphie qui apparaît comme par magie pendant son exhibition de gala, alliée à un joli sens artistique. Encore un peu de travail, un petit grain d’originalité et ce Chinois deviendra un concurrent redoutable. Michal Brezina nous a habitués à mieux, mais dans un contexte où tout le monde s’est plus ou moins loupé, il n’a pas été le pire. Pour moi la grande décèption fut Nobunari Oda, physiquement à la rue. Amodio, à qui un programme libre un peu décousu fait prendre de gros risques, n’est pas encore en état physique (et moral ?) de les assumer. Tenter de grosses difficultés en seconde partie de programme est peut-être un peu trop ambitieux pour quelqu’un qui semble actuellement en manque de confiance.

 

Florent Amodio © Susanne Kempf

Le plateau féminin a, lui, tenu ses promesses. Elizaveta

Elizaveta Tuktamysheva © Susanne Kempf

est encore trop jeune pour participer aux championnats d’Europe et du Monde. Ce n’est pas ce « détail » qui va la retenir de battre des concurrentes déjà montées sur les podiums internationaux. J’entends dire partout que son patinage manque de maturité. Normal, elle n’a que 14 ans, elle est Junior. Mais pas n’importe laquelle. Qui, de ses camarades de la même génération,  peut se vanter de telles qualités techniques et artistiques ? Toute petite, elle a tout d’une grande. Fluide, solide, gracieuse, un brin malicieuse, Elizaveta est un régal pour les yeux. Derrière elle, Carolina Kostner n’a pas démérité. Ses programmes sont cette année ambitieux, originaux et extrêmement bien pensés. Sur certains éléments, le calage mouvement/musique est un modèle du genre, à citer en exemple dans les écoles chorégraphiques. Elle le dit elle-même, elle n’est pas la meilleure technicienne du monde, elle se bat donc avec ses armes artistiques. Et elle reste l’une des patineuses mondiales les mieux équipées dans ce registre. Alissa Ciszny, très solide techniquement, continue de présenter des programmes trop appliqués, trop politiquement corrects. Une telle qualité de patinage mériterait un peu plus de créativité. L’Annécienne, Lena Marrocco, en retard après un court mitigé, n’a pas réussi à remonter au libre, malgré une excellente entrée en matière (combinaison triple lutz). Elle est devancée par ses compatriotes Maé-Bérénice Meïté et Yrétha Silété respectivement 6 et 8èmes.

Lena Marrocco

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Danse courte : on en prend plein les yeux, lors du passage du premier groupe surtout, et pas seulement au sens figuré. Les couleurs fluo,  pas toutes compatibles entre elles, si elles font le bonheur des photographes, contraste oblige, mettent le spectateur au ras de l’ophtalmie des glaces. Ca va tout de suite mieux, et à tous les niveaux, avec le deuxième groupe, plus sobre et surtout beaucoup plus à l’aise sur le thème imposé cette année : les danses latines. Sur la danse libre, les Canadiens Virtue/Moir n’ont pas l’air de s’amuser tant que ça sur « Funny Face », mais techniquement, c’est du grand art, un art plus consommé que celui de Péchalat/Bourzat. Techniquement seulement. Car si certains reprochent aux Français d’avoir repris un thème égyptien déjà usé, je trouve, moi, qu’ils le dépoussièrent et de façon magistrale. Encore en rôdage mais déjà très aboutie, leur danse libre est aussi réussie que l’an dernier. Autre sujet mais même finesse et même originalité. Les Italiens, Cappelini/Lanotte, troisièmes, largement en retrait la saison passée, sont revenus à un meilleur niveau. Bien dans leur samba, bien dans leur Strada.

 

Nathalie Péchalat / Fabian Bourzat

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Malgré la présence de Volosozhar/Trankov, la compétition couples est restée tristounette. Les Français James/Ciprès progressent mais sont encore loin d’un niveau international stable. Des sauts réussis mais trop de lourdeur dans les portés. Bazarova/Larionov, qui avaient raté leur premier Grand Prix, sont de nouveau droits dans leurs patins, c’est joli, difficile et aérien. Mais je m’ennuie un peu. Trop lisse, trop appliqué. Je préfère de très loin Dubé/Wolfe avec un programme libre très bien construit mais très mal récompensé, notes très basses. Ou Meagan Duhamel et Eric Radford qui ont le mérite de prendre de gros risques, même si ce n’est pas forcément utile. Une mention honorable au couple chinois Dong/Wu, auteurs d’un magnifique triple boucle lancé, mais qui ont encore un long chemin à parcourir.

 

Tatiana Volosozhar / Maksim Trankov

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Résultats complets ICI.

Crédit photos © Susan Kempf